Courant Alternatif
samedi 3 décembre 2011
Par-delà la raison et les sens...
samedi 3 septembre 2011
A absurde, absurde et demi...
Cela fait presque un an que je n'ai pas daigné posté un article sur ce blog. Que d'évènements ont eu lieu entre temps ! Mais un lien partagé sur Facebook m'a finalement décidée à revenir à la charge. Il s'agit d'un post publié par le blog Riposte Laïque qui relayait une vidéo montrant l'intervention d'une jeune militante marocaine lors de la Plénière des Verts. Cette dernière s'attaquait à l'un des invités, à savoir le conseiller du Roi Mohamed VI, en dénonçant la présence du représentant d'une dictature à l'heure où l'on parle de printemps arabe. Je publie et le texte et la vidéo en question :
Une athée marocaine perturbe la fête des Verts en dénonçant la religion d’Etat et son roi…
C’est un grand moment de bonheur, qui dure environ 7 minutes, que cette vidéo nous permet de savourer. L’intervention de Zineb El Rhazoui, lors de la Plénière “Printemps arabes” organisée par le mouvement politique français Europe Écologie Les Verts (EELV), est tout simplement formidable et inoubliable. A la consternation des organisateurs, l’oratrice interpelle le représentant du roi du Maroc, et montre, avec moultes exemples, l’état de la démocratie dans un pays où l’islam est religion d’Etat, où la femme a un statut inférieur, et où tout opposant subit une féroce répression. Elle fait remarquer aux organisateurs le scandale d’inviter un représentant du roi du Maroc à la tribune, quand on ose parler des « printemps arabes ». Elle ose leur demander s’ils auraient invité Ben Ali ! Le contraste entre une tribune livide et un public aux anges est saisissant. Zineb El Rhazoui est la fondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI). C’est un collectif né sur Facebook, qui s’est notamment illustré au Maroc dans l’affaire des dé-jeûneurs du Ramadan, en organisant un pique-nique pendant la période de jeûne musulman. C’est donc une vraie combattante, qui milite pour une société réellement laïque, où le droit de ne pas croire, et de ne pas pratiquer, ne se heurte pas aux interdits de la religion d’Etat, l’islam."
jeudi 21 octobre 2010
Quand « l’Afrique » nous donne des leçons...
Travailler dans l’urgence d’un sujet à traiter par jour donne parfois la désagréable impression de faire du « fast-news » (à l’instar du « fast-food »), une information que certains « experts » ont déjà mâché pour vous et qu’on vous demande juste, en vous la livrant sous sa forme la plus simplifiée, de digérer. Il est cependant des jours où prendre le risque de partir à la découverte de contrées politiques inconnues vous livre à la fin d’une journée harrassante l’agréable sensation de dormir moins bête le soir.
Ainsi, j’ai eu la chance hier de me voir confier mon premier sujet politique sur un pays d’Afrique subsaharienne : la Côte d’Ivoire. Comme beaucoup ne le savent peut-être pas, la campagne électorale bat son plein là-bas depuis le 15 ocotbre. Après une décennie de troubles politiques internes (l’épineuse question du désarmement des rebelles) et de présidence de Gbagbo dont cinq ans passés sans mandat électoral, la date des élections a finalement été fixée au 31 octobre et tout porte à croire que cette fois sera la bonne.
J’avais passé toute la matinée à me documenter sur le sujet : articles en ligne, reportages de la chaîne et discussion avec un collègue qui s’apprête à s’envoler pour Abidjan la semaine prochaine pour couvrir l’évènement. Une fois ce travail fait et mes questions prêtes, j’ai décroché le téléphone pour appeler notre « observateur » sur place, qui nous avait envoyé des photos de cette campagne et nous avait parlé de l’ambiance à Abidjan. S’en suivit une demi heure de conversation où « Eddy » me décrivait l’impatience d’une population pourtant désabusée depuis 5 ans qu’elle voit ces élections toujours reléguées à une date ultérieure ; l’ambiance des meetings où les trois principauxcandidats, vieux lions du paysage politique ivoirien depuis 20 ans, se battent toutes griffes dehors ; et puis les médias d’Etat, jusque-là totalement acquis à la cause de Gbagbo, mais dont le CNCA (Conseil National de Communuication Audiovisuelle) calme depuis le début officiel de la campagne électorale les ardeurs en départageant le temps de parole entre Gbagbo, Bédié et Ouattara.
Lorsque j’ai raccroché, ma première pensée alla à une vidéo que j’avais visionnée il y a à peu près un an sur Facebook où, dans une tentative tout à fait louable de dénoncer le régionalisme qui sévissait de plus en plus dans les stades de foot tunisiens, deux jeunes avaient dans le sillage de leur discours cité l’exemple du Burkina où, selon eux, « ils n’ont peut-être même pas de stade pour jouer au foot ». A l’époque, la phrase m’a fait doucement sourire, puisque le Burkina Faso que ces deux étudiants imaginaient sans stade digne de ce nom –et il ne s’agissait pas de 2 jeunes isssus d’un milieu modeste dont on pourrait excuser le préjugé mais de deux étudiants expatriés à Berlin- bénéficiait d’une infrastructure suffisamment développée pour organiser la CAN bien avant la Tunisie.
Combien de fois ai-je entendu un Tunisien parler de « l’Afrique » dans des termes dignes d’un blanc métropolitain ? Qui ne sait pas le mépris subi par les jeunes étudiants noirs qui viennent poursuivre leurs études en Tunisie ? Eh bien regardez-la cette « Afrique », messieurs, elle a des leçons à vous donner. Je souris déjà en pensant à la réaction que beaucoup de Tunisiens auraient s’ils savaient la marge de liberté dont bénéficient les ivoiriens et qu’on ne peut qu’envier. Loin de moi l’idée de transformer ce pays en un paradis terrestre ni de passer sous silence les diverses luttes fratricides qui ne cessent de saigner le continent noir. Mais je constate simplement que, du moins dans ce pays, il y a plus de marge de manœuvre en matière d’élections et de vie politique que chez nous. Et je ne puis que me désoler de constater que le jugement que nous portons sur ces pays est biaisé par le prisme français, que nous sommes trop aveuglés, trop imbus de nous-mêmes pour nous intéresser à ce qui s’y passe.
Ce samedi à 15h aura lieu un rassemblement sur les Champs-Elysées devant l’enseigne de Guerlain pour dénoncer les propos racistes que ce dernier a eu en direct, sur le plateau du 13h de France 2, à l’égard des noirs. J’y serai avec l’espoir que 90% des gens présents ne seront pas des noirs et que les Arabes seront aussi prompts à dénoncer le racisme anti-noir que le délit de faciès dont ils sont victimes. Il est temps de sortir de cet esprit ethno-communautaire pour tenter, avec nos frères africains, de nous débarrasser du même joug qui pèse sur nous : celui de la domination.
samedi 31 juillet 2010
Colonisation : connecting people

mercredi 9 juin 2010
La turcomanie de l’opinion publique arabe
Cependant, je dois avouer avoir tout de même été surprise en constatant la crédulité qu’a révélée chez l’opinion publique arabe –et plus généralement pro-palestinienne- les événements récents qui ont suivi l’assaut meurtrier lancé par l’armée israélienne sur « La flottille de la liberté » et qui a coûté la vie à 9 militants turcs.
Certes, et a fortiori avec un tel bilan, il n’est pas de mon goût de dénigrer au peuple turc un élan de solidarité maintes fois manifesté à l’égard de la population palestinienne et de son combat. Mais là où les réactions –recueillies sur le net, dans la rue et même chez certaines connaissances- laissent coi, c’est de voir l’encensement et le déluge de louanges qui ne cesse de pleuvoir depuis une semaine sur le gouvernement turc et à sa tête le Premier Ministre Tayyip Erdogan.
Jetons un coup d’œil d’un peu plus près sur la situation : si Erdogan n’a pas ménagé ses efforts depuis le lundi 31 mai pour manifester son hostilité à l’égard d’Israël, allant même jusqu'à qualifier –sans préavis- « Hamas » de « mouvement de résistance légitime », un petit topo de la situation semble s’imposer en la circonstance. En effet, il n’est point superflu de rappeler que la Turquie –dont les manifestants et autres sympathisants pro-palestiniens arboraient le drapeau un peu partout à travers le monde- abrite toujours sur ses cotes une base militaire israélienne qui permet à l’Etat hébreux de mieux tenir à l’œil le régime iranien. Par ailleurs, un regard plus global sur la situation permettrait sans peine de redistribuer les cartes de ce jeu à peine biaisé : le vœu de la Turquie de faire son entrée dans l’Union Européenne n’est un secret pour personne. Or, après moult tergiversations, les moues des dirigeants européens ne font qu’indiquer à la Turquie la porte de sortie de la salle des négociations, alors même que l’on ouvre sur ces deux battants celle de l’OCDE à Israël. Comment alors « venger » cet orgueil bafoué sinon en s’imposant comme élément incontournable de l’échiquier politique mondial ? Aux côtés des Etats-Unis, de l’Union Européenne et de la Russie, la Turquie d’Erdogan cherche à prendre ses marques et faire entendre sa voix au milieu de la cacophonie générale dans laquelle se noie la région du Moyen-Orient. L’assaut israélien sur le convoi humanitaire lui en offre l’occasion rêvée.
La question qui se pose à présent est la suivante : comment l’opinion publique arabe, après tant d’échecs, de faux espoirs, de désillusions et d’instrumentalisations consent-elle à tomber encore une fois dans le piège du soutien sans faille ? Comment font tous ces nouveaux turcophiles pour sacrifier encore à la logique de « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » et ne voir dans les agissements du gouvernement turc qu’une manifestation de philanthropie ? Certes, il est légitime de se réjouir de réactions diplomatiques qui portent la promesse d’un débloquement de la situation pour la population gazaouie. Mais la réjouissance n’a pas à dispenser de la lucidité. Car en matière de politique, et contrairement à l’usage, la mauvaise foi se présume tandis que la bonne foi se prouve.
