mardi 4 décembre 2007

Proche-Orient: contre la barbarie, la voix du cinéma (suite et fin)


Ahlaam (23/11/07):

Le jeune réalisateur irakien Mohamed Al Daradji (29 ans) présente son premier long-métrage "Ahlaam". Basé sur une histoire vraie, le film raconte le bombardement d'un hôpital psychiatrique-prison lors des raids américains sur Bagdad en 2003, suite auquel bon nombre de "patients" (dont Ahlaam) fuient l'établissement et errent dans les rues dévastées de la capitale irakienne. Mehdi, jeune médecin révolté, part à leur recherche dans une ville fantôme. Film émouvant à la fin duquel on se rend compte que les vrais fous ne sont pas forcément ceux que l'on incarcère et que le monde dehors, en temps de guerre, n'a rien à envier aux asiles psychiatriques.

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Telling Strings (25/11/07):


Histoire, actualité et musique se rejoignent dans ce film signé Anne-Marie Haller (Suisse). Suite à une rencontre très marquante (à Berne) avec la chanteuse et musicienne palestinienne Kamilya Jabran (ex-membre du groupe "Sabrine"), les deux femmes partent ensemble pour le village natal de l'artiste, à la rencontre de son enfance, de sa famille de musiciens et de son père luthiste "Elias Jabran" racontant l'épisode de la "nakba" de 1948. Tout ce qu'implique une vie dans un village palestinien déchiré entre l'amour de la vie, de la musique et une réalité violente.




Kamilya Jabran et Anne-Marie Haller.


"Chacun sa Palestine" & "Mots d'après-guerre" (26/11/07):

Plus originale que la technique du micro-trottoir, Nadine Naous a choisi l'ambiance intimiste d'un atelier de photographe pour renconter de jeunes réfugiés palestiniens dans un camp libanais. Volant quelques instants à la vie du ghetto, elle réussira à mettre ses jeunes de la troisième génération en confiance pour parler avec eux de la Palestine, de leur avenir, de leur vision des choses...bref, de la vie. Mettre des images sur une "patrie" dont ils n'ont jamais vu la couleur. Revendiquer une identité que personne ne semble décidé à leur accorder. Un film touchant, vrai, parfois drôle, parfois cynique. Une approche dont la poésie et la simplicité ne laissent pas indifférents.


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Quand l'aéroport de Beyrouth a réouvert au lendemain de l'oppression israélienne d'août 2006, Anouar Brahem, joueur de 'oud et compositeur tunisien, a été l'un des premiers à prendre ses valises et sa caméra sous le bras en destination du Pays du Cèdre. Là-bas, il est allé à la rencontre des intellectuels et artistes libanais pour recueillir leurs impressions et les faire partager à un public plus large. Episode douloureux de l'été 2006 qui fit revivre les fantômes du passé, la guerre a semblé être pour beaucoup l'occasion d'une terrible prise de conscience sur la gravité de la situation dans laquelle se trouvait leur pays, non pas tant concernant le conflit israélo-arabe mais surtout en ce qui concerne la situation interne du Liban, certains responsables écervelés n'ayant eu aucun scrupule à sacrifier leur pays pour des fins inavouables.

Anouar Brahem n'étant pas présent sur les lieux, un membre du comité d'organisation du festival se chargea de présenter le réalisateur et son film en quelques mots.

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