dimanche 3 février 2008

My Blueberry Nights: quand Wong Kar Wai peint avec la caméra.


C'est une bien simple histoire que celle de My Blueberry Nights et pourtant on en sort tout émoustillé. Le thème? Rien de très original : un road movie où une jeune femme va d'escale en escale en espérant trouver un sens à l'amour...et un sens à sa vie. Et pourtant on y croit. Le réalisateur joue de l'éclairage, des couleurs, des angles de vue. Ses acteurs? Descendus de leur piedestal les Norah Jones, Jude Law et autre Nathalie Portman. Ils ne sont pas à proprement parler beaux, baignés dans ces lumières chaudes de bars miteux, dans la sueur, le bruit...mais la caméra de Wai les caresse, sait comment les approcher, de sorte qu'ils sont plus que beaux, sensuels, divins. L'amour n'y est pas charnel et pourtant tout se devine; une subtilité qui fascine. Les regards sont chargés de mots, les sourires d'émotion, les gestes d'amour, davantage pour donner que pour recevoir. Et entre deux destinations perdues, une lettre envoyée, qui n'attend point de réponse. Les relations épistolaires sont remises au goût du jour et le film, tout moderne qu'il soit, ne sacrifie pas aux nouvelles technologies, sans pour autant être rétro, anachronique. Le souci du détail après des retrouvailles aussi brèves qu'inattendues; un titre qui ferait rêver plus d'un; la voix de Norah Jones qui berce les fondus enchaînés, aussi talentueuse actrice que chanteuse, avec ses chansons suaves et son charme naturel. Et puis çà et là, des questions toutes simples -mais ô combien significatives!- auxquelles le réalisateur ne livre pas de réponses, Wai ne cultivant pas le goût des recettes toutes prêtes qu'il suffit d'appliquer à la lettre. A chacun de savoir pourquoi il part, quand il décide de revenir, comment aimer et pourquoi...


Nous poserons peut-être tous nos clés quelque part un jour, comme l'a fait Elizabeth. Nous les reprendrons peut-être...ou pas, car il y a des portes qu'il vaut mieux ne pas réouvrir. Si tant est qu'une clé puisse ouvrir une porte que la mémoire a choisi de condamner...

Si tant est qu'une vie puisse ressembler à un film...

1 commentaires:

zeneya a dit…

salut! je viens de te taguer par jeu! amuses toi bien!!