vendredi 11 avril 2008

La Reine Rania de Jordanie invitée de la Cité de la réussite 2008 : Une couronne pour la bonne cause

Elle a eu droit à tous les superlatifs : la plus belle, la plus charmante, la plus séduisante. On en a même fait la nouvelle Lady Diana. Mais la Reine Rania a su à maintes reprises prouver qu'elle n'avait pas besoin d'alter ego pour imposer son image et sa signature.


Voitures escortées et gyrophares : devant l'entrée du Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, la foule avait les yeux rivés sur l'invitée du jour pour cette édition 2008 de la "Cité de la réussite" (4, 5 et 6 avril) : Sa Majesté la Reine Rania de Jordanie. A l'intérieur, salle comble et atmosphère d'attente fébrile. Finalement, après quelques spots sur les précédentes éditions de cette manifestation, Christine Ockrent, l'animatrice du débat, est venue présenter son hôte en quelques mots très justes : «Elle est riche, elle est belle et elle a une couronne. Elle aurait pu se contenter de faire la une des magazines en papier glacé". Et puis de brosser un topo général de l'engagement de la Reine Rania dans diverses associations et ONG, au service des plus démunis, spécialement les femmes et les enfants. Mais il n'était point question de tenir le public plus longuement en haleine. Voici que Sa Majesté Rania Al-Abdullah faisait son entrée. Lumineuse, elle s'est dirigée vers son pupitre. Suivront alors une vingtaine de minutes non de discours mais d'une intervention orale que la Reine débitait de mémoire, dans un anglais parfait et tout en balayant la salle du regard. Après avoir ouvert son discours par l'évocation du nom de Dieu en arabe ("Bismillahi Arrahman Arrahim" -Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux-), elle évoqua de manière concise mais ponctuée tous les sujets qui lui tenaient à cœur. La "mother of four", comme elle se plaisait à le répéter, parla de l'honneur qu'elle ressentait d'intervenir à la Sorbonne et rebondit sur le symbole de la multi culturalité française pour évoquer la fracture culturelle entre Orient et Occident (loin des considérations économiques qui elles parlent plutôt de "Sud" et de "Nord"). Furent alors mentionnées les concepts de préjugés, de stéréotypes et d'ouverture. Au lieu de faire la politique de l'autruche en fermant les yeux sur une différence qui existe, l'intervenante appelait son auditoire à user des outils qu'il avait à portée de mains pour construire au lieu de détruire. Comment pouvait-on continuer, à l'aube du XXIe siècle à considérer le Monde Arabe comme une entité en faisant fi des spécificités culturelles, sociales propres à chaque pays? Comment dans un pays comme la France qui était le symbole de la diversité culturelle et du carrefour des mondes se permettait-on de méconnaître la civilisation d'origine de son voisin de palier, restant enfermé dans ses clichés? Raisonnablement, en ayant soin de porter un message d'espoir plutôt que de nourrir les discours alarmistes, la Reine Rania conclut son discours en invitant tout le monde au dialogue par le plus simple et le plus commun des biais : internet (voir compte Queen Rania sur YouTube).




Standing ovation amplement méritée dans l'amphi. Mais le programme de la matinée ne s'arrêtait pas là. L'intervention fut en effet suivie d'une séance de question-réponse, où Christine Ockrent reprenait son rôle d'intervieweuse en introduisant également les questions de quelques élèves de grandes écoles invités pour l'occasion. De ce côté-là néanmoins, les questions étaient décevantes, pas très pertinentes, trop vagues pour des jeunes gens qui étaient supposés faire partie de l'élite de la jeunesse estudiantine française (HEC, Centrale, Sciences Po...). "Her Majesty" a du coup, plus d'une fois, ciblé et recadré les questions. Dans ses réponses où elle s'est plus d'une fois référé à son identité, parlant "as a woman, an arab and a muslim", la Reine a su, tout en restant diplomate, sensibiliser son auditoire aux causes qui lui tenaient le plus à cœur, comme la cause palestinienne où elle a mis l'accent sur la souffrance des enfants palestiniens qui n'avaient même pas le droit de jouer en sécurité (à rappeler que la Reine a elle-même des origines palestiniennes). Revenant également sur un aspect plus personnel de sa vie, elle a avoué qu'il n'était pas plus facile pour elle que pour n'importe quelle autre mère de famille de mener de front une vie professionnelle et une vie domestique. Les mères au foyer n'ont pas un moindre mérite que les femmes qui mènent une carrière professionnelle. Néanmoins, il importe qu'on ait le choix. La priorité reste le droit à l'éducation pour toutes les femmes, chose qui leur garantira un minimum d'instruction qui les aidera dans l'éducation de leurs enfants et les préservera d'un mariage précoce.

Dialogue interculturelle, Monde Arabe, droit des femmes et des enfants : comment ne pas être sensible à ces sujets? Comment ne pas adhérer à ces causes quand la personne qui vous en parle manie le verbe et maîtrise les outils de communication qui accrochent l'auditoire? Plusieurs minutes d'applaudissement où toutes les personnes présentes dans le légendaire Grand Amphithéâtre de la Sorbonne étaient debout suffisent pour témoigner de l'impact que l'intervention de la Reine Rania de Jordanie a eu sur le public. Les questions sont récurrentes et prennent de l'ampleur quand ce sont des personnalités de cette trempe qui en parlent. La Reine Rania l'a compris et a décidé de mettre son image au service de ces causes. Pourvu que l'effort se poursuive, à tous les niveaux, pour qu'enfin on rende à cette grande civilisation Arabe ce qui lui est dû.

1 commentaires:

elgreco a dit…

Très bon papier
en + chui fan de Cette Princesse Rania =))

Keep going


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