vendredi 6 juin 2008

Souvenirs d'été : chroniques radiophoniques


Eté 2007 : première expérience de l'écriture radiophonique (ou première tentative...).

De la fin mai jusqu'au début du mois de septembre, j'avais rédigé, sur les ondes de RTCI (Radio Tunis Chaîne Internationale) et plus précisément pour l'émission "Libre cours" de Habib Belaïd, une chronique quasi hebdomadaire sur des thèmes variés : culture, société, actualité...
Presqu'un an après, une nostalgie et un désir de renouveler l'expérience m'ont poussée à diffuser ces chroniques -textes et enregistrements audios- sur cette page de blog. Avec le recul, plusieurs critiques me viennent à l'esprit : chroniques trop longues, phrases interminables, un ton pas toujours adapté au support radiophonique...L'expérience me laisse tout de même un excellent souvenir et le désir de pousser plus loin dans le journalisme.
Tel que le mot d'ordre de ce blog le préconise: lisez, écoutez, commentez...et surtout critiquez!! Avec un rythme quasi hebdomadaire (on n'échappe pas aux vieilles habitudes...), je vous fais part de ces chroniques d'un été 2007...qu'il me tarde de retrouver!


Taqasim, le nouvel album de Marcel Khalifa :Un trio pour un chef-d’œuvre (23 mai 2007):


Ca y est, le dernier né de Marcel Khalifa nous est servi. Barbe blanchie et cheveux grisonnants, le fils de ‘Amchit –village du Mont Liban- est toujours aussi prolifique. Trois compositions pour trois hommes et trois instruments différents, tantôt entraînantes comme la brise d’une nuit d’été, tantôt rythmées, mais toujours solennelles; et aucun hiatus, la transition est parfaite, elle se joue de l’imagination de l’auditeur et l’invite à régler ses états d’âme sur cette musique à la fois hybride et homogène. Marcel Khalifa caresse les cordes de son oud –des plus graves aux plus aigues-, Peter Herbert lui répond en écho en pinçant celles de son instrument aux sonorités caverneuses, dans un dialogue qui au-delà des frontières –ces frontières que le musicien libanais a toujours veillé à abolir- s’inscrit dans les sphères de l’universel.
La contrebasse s’orientalise et épouse le chant du oud, les percussions de Bachar Khalifa donnent la cadence, entamant tous trois un voyage dont le mot d’ordre est l’improvisation (Taqasim), mais inscrit dans une complète harmonie, pour une lune de miel qui durera 61 minutes. Il arrive néanmoins au père comme au contrebassiste de rivaliser au moyen de leurs instruments respectifs avec les talents de percussionniste du fils Khalifa, car dans les compositions du premier –qu’on reconnaîtrait parmi cent- les instruments comme les notes dépassent leurs usages habituels et sont abordés sous un autre jour et dans une nouvelle approche.

Cependant, l’on serait tenté de se demander pourquoi Marcel Khalifa a délaissé le chant au profit de la musique instrumentale, semblant faire le choix délibéré de s’y consacrer exclusivement, après quasiment deux albums du genre. Pourquoi l’artiste nous prive-t-il, en dehors de ses concerts, de cette voix que son ami et compagnon de route Mahmoud Darwish qualifiait à juste titre de « tiède » et qui a bercé tant de générations? Doute-t-il à présent du poids des mots ou, faute de trouver les termes exacts, préfère-t-il le langage de la musique qui, en plus d’être universel, porte dans ses entrailles des dénonciations que les mots ne sont plus aptes à exprimer ? Par ailleurs, c’est justement à Mahmoud Darwish que l’album se voulait être un hommage, selon les vœux mêmes de son compositeur. En écoutant cet enchaînement de morceaux, on sera libre d’imaginer les yeux couleur de miel de Rita, le café de la mère éternellement convoité ou encore cette terre à la fois patrie et exil à laquelle le poète s’adressait comme à une bien-aimée ; libre à nous aussi de voyager sans « passeport », entre Haïfa, Jafra, Beyrouth et tant d’autres destinations dont seule la poésie de Darwish mariée à la voix de Khalifa ouvre les portes.

Mélancolie, amour et nostalgie sont donc au rendez-vous. C’est beau. C’est sublime. A consommer sans modération.


video

3 commentaires:

The Dreamer a dit…

formidable cette vision m'épate

Badiâa بديعة a dit…

chronique "quasi" hebdomadaire..
t'as posté la première un vendredi, ce "quasi" m'a obligé d'attendre jusqu'à aujourd'hui mais là c'est fini ze veuuuux ma chroooooniiiiique, alors...:)

Sarra a dit…

:D j'arrive!!