jeudi 10 juillet 2008

La perle du Sahel aux abois?

Heureusement que l’été est là ! Les festivals frappent à la porte et rivalisent par leurs programmes, pour le plus grand bonheur des habitants de la ville de Sousse.

Car, qui l’eut cru, mise à part cette période de juillet-août, la perle du Sahel est un véritable désert culturel. A force de vouloir la faire belle pour les touristes de la haute saison, soignant la façade et relookant les rues, on a fait oublier à la ville ses propres habitants. Ceux-ci se sentent aujourd’hui délaissés, aspirant à une vie culturelle qu’il leur tarde de voir fleurir dans leur ville pourtant si vivante pendant l’été. Défaut de programmation intrinsèquement lié à un défaut d’infrastructure et à l’inexistence d’espaces culturels. De nombreuses voix se sont déjà élevées par le passé pour dénoncer la disparition progressive des salles de cinéma, qui a conduit par deux fois au report sinon à l’annulation du FIFEJ (Festival International du Film pour l’Enfance et la Jeunesse), événement phare jusque-là pour les jeunes de Sousse. Aujourd’hui résignées, ces mêmes voix regardent avec effarement s’étendre cette vague de désertification culturelle aux autres espaces de la ville. Le Théâtre Municipal ? Fermé pour restauration, voilà plus d’un an qu’on en attend la réouverture tant promise, retard qui contraint de nombreuses troupes à se détourner de Sousse lors de leurs tournées nationales. Certes, il y a encore le complexe culturel. Mais qui y a mis les pieds une fois se souviendra longtemps des conditions auxquelles on condamne les spectateurs, dans un moment supposé de détente et de divertissement. Etouffant dès les premières chaleurs printanières, glacial durant les soirées hivernales, beaucoup auraient déserté le lieu, n’était l’absence d’alternative.

Car on en vient justement à la programmation. Bien qu’il s’agisse de la troisième ville du pays, un décalage monstre subsiste entre la renommée de Sousse et la réalité de sa vie quotidienne. Une belle ville certes, mais si peu vivante hormis l’été. Le Relais Culturel de l’IFC y est le seul point de rencontre de tous les amoureux de la culture de la ville, renvoyant à un cercle restreint où tout le monde connaît tout le monde. Les mêmes personnes qui assistent aux quelques activités des clubs se retrouveront autour des rares pièces en représentation, souvent de modeste qualité, si bien que les entrées ne sont guère payantes et les invitations y sont monnaie courante. Car pourquoi faire payer alors qu’on peine à intéresser ?

Ville des hôtels et des belles plages au sable doré, est-ce toute l’image qu’on cherche à colporter de Sousse ? Si l’entreprise en séduit plus d’un pour sa dimension touristique, elle n’enchante guère les citoyens eux-mêmes qui finiront par avoir l’injuste sentiment que leur ville ne leur appartient plus. A moins qu’on sache ménager toutes les sensibilités et qu’on veuille bien rendre à la Perle du Sahel tout son éclat.


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3 commentaires:

The Dreamer a dit…

Sincèrement, je ne connais pas la vie culturelle de sousse mais c'est presque partout pareil sauf a tunis et a sfax ailleurs les gens ne sont pas habitués à voir des pièces, on n'a pas réellement cette culture, ça a été enclenché par les ciné club et les club de théâtre aux lycées dans les années 60 / 70 mais il y a eu un déclin c'est très difficile de trouver des clubs actifs et du coup c'est moins facile de ramener des gens
voila voila j'espère que ça évoluera

Olfa Fessi a dit…

Salut Sarah,
Bien vu ! Je suis à Sousse depuis plus de 10 ans. Ce n'est peut-être pas une vie, comparé à d'autres, mais il y a de moins en moins de mouvement culturel. En hiver, les étudiants étaient plus actifs pour préparer des spectacles pour la période du printemps surtout (festival du printemps). Maintenant, les étudiants eux-mêmes ne font plus d'activités. Faute d'encouragement de jeunes talents ? d'encadrement nécessaire ? de médiatisation pour attirer le public ?

Petite remarque : Le trio Joubran est invité au festival de Sousse :-)

Sarra Grira a dit…

:) Je sais Liloufa et j'y serai inchallah!