Quand on écoute la musique du Trio Joubran, elle nous apparaît à la fois proche et lointaine. Proche par ses sonorités familières, ses luths, son hospitalité. Lointaine par sa géographie. Le Trio nous vient en effet de Palestine, de Nazareth plus précisément, en Galilée, Terre de prophétie. Et pour arriver jusqu’à nous, leur musique a eu, elle aussi, à porter sa croix. Elle a dû surmonter bien des difficultés, traverser des murs et passer par des checkpoints. Il y a longtemps que l’art qui naît dans ces contrées doit se justifier.
L’Odyssée des trois frères Joubran -Samir, Wissam et Adnan- relève du parcours initiatique et leur succès ne doit rien au hasard ni à la chance. Venant au ‘oud par étape, chacun d’eux avait attendu d’acquérir une certaine maturité, de faire du luth un choix personnel et non une évidence imposée par l’environnement dans lequel ils ont baigné ni par le parcours de l’aîné de la famille, premier à avoir fait de la musique un choix de carrière. L’aventure les mène aujourd’hui à leur deuxième album, « Majâz ». Vivant une réelle histoire d’amour avec un même instrument, trois personnalités différentes unissent leurs talents respectifs pour offrir au public une musique harmonieuse et unie dans sa diversité. Instinctivement, tout en se délectant de cette mélodie qu’il aborde d’abord comme unique, l’auditeur se laisse prendre au jeu de ces compositions à six mains tout en essayant d’isoler la part qui en revient à chacun. Nerveuse, nostalgique ou enjouée, la musique des frères Joubran ensorcelle. Performances unies ou en solo, compositions réglementées ou sous le signe de l’improvisation, un fil rouge parcoure les onze morceaux de l’album, celui qui annonce la prise du pouvoir par le luth sur l’âme d’un public conquis, aux quatre coins de la planète. De Ramallah jusqu’à Paris, en passant par l’Allemagne, les Etats-Unis et bientôt
Invitation à l’évasion (« Samâ-Sounounou »), au rêve (« Laytana »), à la nostalgie (« Shajan ») et évidemment à l’amour (« Hawâna »), la musique du Trio Joubran séduit tant par ses titres que par sa mélodie ; instrumentale, elle laisse libre choix à l’auditeur d’y poser tous ses désirs, ses blessures, sa tendresse ou sa passion. Pendant tout le temps que durera l’album, leur musique s’imposera à nos cœurs et prendra le contrôle de notre univers…et nous souhaiterons alors qu’elle ne nous le rende jamais.



2 commentaires:
Ils seront à Hammammet le 17 juillet, j'espère que tu y seras pour savourer moi je ne raterais ça pour rien au monde..
Je serai à Sousse le 19 inchallah et moi non plus je ne raterai ça pour rien au monde !
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