
Dans un article intitulé "La reconnaissance des crimes du passé : Sétif, 8 mai 1945", publié le 28 avril 2010, il est fait mention d'une partie du discours de l'ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, qui déclarait, au cours d'une "cérémonie d'hommage" aux victimes du massacre de Sétif :"Fallait-il, hélas, qu’il y ait sur cette terre un abîme d’incompréhension entre les communautés, pour que se produise cet enchaînement d’un climat de peur, de manifestations et de leur répression, d’assassinats et de massacres ! "
Ainsi s'avère-t-il que, pour Son Excellence, 60 ans après les faits, la tragédie qui a secoué le Constantinois à l'heure où, de l'autre côté de la méditerranée, l'on fêtait la fin d'une occupation -illégitime celle-là- est simplement due à un problème...d'incompréhension.
Notons que le choix de tous les termes de cette déclaration est fait avec le plus grand soin : il parle d'une "terre", non d'un pays, appellation objective d'un territoire qui ne comprend pas une dimension nationale. Suit cette désignation des plus singulières :"les communautés". De quelles communautés s'agit-il ? Et pourquoi l'usage du pluriel ? L'on parle de "communautés" au sein d'un même peuple qui se distingue par quelques diversités ethniques et/ou religieuse (communauté berbère, israélite, arménienne, etc). L'ambassadeur français considère-t-il donc que les "Français d'Algérie" avaient la légitimité de prétendre à cette terre au même titre que les Algériens ? Mêle-t-il dans ce pluriel les Arabes, les kabyles et les Français ?
Enfin, ce "rapport conflictuel" -puisque les euphémismes sont de mise- tient, toujours selon les propos de notre bien-aimé ambassadeur, à un problème d' "incompréhension". 132 ans de domination, une guerre de 8 ans et un million de morts côté algérien...pour des problèmes de réseau et de canaux de communication.
Une seule question se pose à moi alors : comment se fait-il qu'aujourd'hui avec tous les opérateurs et les multinationales de télécommunications qui envahissent les territoires occupés, Palestiniens et israéliens continuent de souffrir des mêmes problèmes d' "incompréhension" ?
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